Tout comprendre sur les balises de détresse pour la randonnée

Les balises PLB pour Personal Locating Beacon sont des équipements qui permettent d’indiquer votre position au secours en cas d’urgence. De petite taille, elles sont à la base destinée aux naufrages et urgences maritimes, mais certains modèles sont utilisables à terre, permettant de déclencher les secours. Particulièrement utiles loin du réseau téléphonique en montagne, elles transmettent votre position aux secours en temps réel et vous assurent d’être secouru si vous pratiquez la randonnée ou le trek dans des conditions extrêmes.

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EHEH ! Je suis jamais en detresse moi !

Comment fonctionne une balise de détresse PLB ? 

Les balises de détresse de type PLB et EPIRB reposent toutes sur le système de secours COSPAS-SARSAT. Ce système de réseau de satellites couvre l’ensemble du globe et est destiné uniquement à la transmission de messages d’urgence et de secours. Les balises utilisant ce système transmettent leur message de détresse sur la fréquence 406 MHz qui est détecté par les satellites. Ce message contient le numéro d’identification de la balise (ou MMSI pour le maritime) ainsi que la position GPS de la balise. Dès la réception d’un message de secours, les satellites transmettent l’alerte au centre de secours le plus proche qui interviendra dès que possible. La procédure de secours est en réalité opérée en deux temps. Tout d’abord, la réception du message satellite par une station LUT (Land user Terminal) et le MCC (Mission Control Center) qui décident ensemble de la nature de l’urgence (aviation, maritime ou terrestre). Ils définissent également quel centre de secours est le plus à même de répondre à cette urgence, les secours en mer ou les pompiers par exemple. Ensuite, ils transmettent l’appel à ce centre de secours qui interviendra sur la zone du sinistre. Les deux parties restent en communication constante afin d’augmenter la précision de la localisation, et donc de raccourcir le temps d’intervention total.

Les avantages et inconvénients des balises de détresse PLB

Les balises PLB soin un concentré de technologie permettant de vous faire secourir dans n’importe quelle situation : 

  • Couverture mondiale des satellites et écoute constante des messages de détresse 
  • Accords mondiaux entre les pays pour le déclenchement des secours en cas de signal
  • Positionnement GPS précis et fiable
  • Autonomie d’émission de signal de minimum 24 heures

En revanche, ces dispositifs ont quelques limitations : 

  • Blocage sur la fréquence 406 MHz, impossibilité d’émettre d’autres types de messages qu’un signal de détresse, et de ce fait impossibilité de communiquer des informations complémentaires aux secours
  • Déclenchement manuel uniquement qui peut poser problème si vous voyagez en solitaire
  • Enregistrement obligatoire
  • Code pays : certains revendeurs vendent des balises appartenant à d’autres pays qui pourront toujours être utilisées en France, mais que vous ne pourrez pas enregistrer sur le registre français de la fréquence 406 MHz.
  • Usage unique. Après utilisation, votre balise doit être renvoyée chez le fabricant afin d’être remise en état de fonctionnement.
  • Bien que votre vie n’ait pas de prix, ces dispositifs peuvent sembler couteux au premier abord. Cependant, ce sont de vrais éléments de sécurité et particulièrement en haute montagne ou dans des conditions difficiles.

Entretien et maintenance d’une balise PLB terrestre

Bien qu’extrêmement robustes, les balises de détresse PLB doivent faire l’objet d’une maintenance stricte afin de garantir leur bon fonctionnement en cas d’urgence. Vous devez par ailleurs la stocker dans la mesure du possible dans un endroit sec. Les batteries sont généralement conçues pour durer entre 5 et 10 ans, vous devez donc la faire remplacer dans un centre agréé par le fabricant dès que la date limite inscrite sur la balise est dépassée. Certains modèles possèdent un bouton de test permettant de s’assurer que la balise est en état de fonctionnement. Vous pouvez utiliser ce bouton avant chaque grande aventure ou quelques fois par an. 

Une balise de détresse avec ou sans MMSI ? Avec ou sans enregistrement ?

Les balises de détresse PLB et EPIRB possédant un numéro MMSI sont strictement réservées aux bateaux. En effet, le MMSI est implémenté à l’achat dans la balise par le fabricant. Cette série de 9 chiffres représente le code unique associé à un navire et permet aux secours de connaitre la taille et le nombre de personnes embarquées à bord. Ce dispositif permet d’adapter leur réponse en cas de déclenchement de la balise, un paquebot ne nécessitant pas le même nombre de sauveteurs qu’un voilier par exemple. De plus, ces balises doivent être enregistrées auprès des affaires maritimes qui vous demanderont la carte d’immatriculation du bateau. Pour une utilisation terrestre, il vous faut donc une balise de type PLB qui est codée d’usine sans numéro MMSI. Vous devrez en revanche l’inscrire après l’achat sur le site https://registre406.cnes.fr avec son numéro d’identification unique. Cette procédure permet de connaitre le propriétaire de la balise se déclenchant, et ainsi de réduire considérablement la durée d’intervention des secours.

helicoptere de secours en montagne

Comment utiliser une balise de détresse ?

Envoyer un signal de détresse depuis une balise de communication, PLB ou EPIRB déclenche systématiquement une opération de recherche et de sauvetage par les secours. Ce sont donc des équipements à manipuler avec précaution et à utiliser uniquement en cas d’urgence grave. Chaque modèle possède son propre système de déclenchement, généralement composé d’un ou plusieurs caches plastiques à décoller ou à casser et permettant d’accéder à un bouton pour l’envoi du signal. Ces manipulations spécifiques permettent d’éviter le déclenchement intempestif de la balise et la mobilisation inutile des secours. Le déclenchement d’une balise faisant intervenir inutilement une opération de sauvetage peut être puni de 30 000 € d’amende ainsi que de 2 ans d’emprisonnement.

Quelles sont les alternatives aux balises PLB ?

Il existe bien évidemment d’autres systèmes permettant de se faire secourir en montagne ou en mer. Pour commencer, le téléphone est un des moyens les plus utilisés dans le monde pour appeler les secours et communiquer sa position. En effet, le signal de votre mobile peut être triangulé par les antennes de communication, et ainsi indiquer aux pompiers ou au Samu l’endroit où vous vous trouvez. Ce système est malheureusement limité au réseau et à l’autonomie de la batterie de votre téléphone. Il existe aussi des systèmes de communication par satellite basé sur le système Iridium. Demandant systématiquement un abonnement, ils permettent d’envoyer et de recevoir des messages. Ces messages peuvent contenir un SOS, votre position ou celle d’un autre appareil, un message texte ou encore la météo de l’endroit où vous êtes localisé. Plutôt appelées balises de communication que balises de détresse, c’est effectivement un bon moyen pour rester en contact avec le monde et vos proches si vous vous aventurez loin du réseau téléphonique. Elles n’utilisent pas la fréquence 406 MHz, mais le réseau de satellites Iridium et un centre de surveillance et de secours spécifique pour chaque marque qui retransmet directement aux services.

Qu’est-ce qu’une balise EPIRB ?

Les balises EPIRB (Emergency Position Indicating Radio Beacon) sont destinées exclusivement à des utilisations maritimes. En effet, elles possèdent des qualités inhérentes à l’utilisation de survie en mer comme le fait de pouvoir flotter ou le fait de posséder une balise lumineuse de repérage. Elles sont de manière générale plus robustes, peuvent se déclencher automatiquement en cas de naufrage et sont systématiquement encodées avec le MMSI du navire sur lequel elles sont embarquées. Contrairement aux balises PLB dont la position est déterminée par les satellites recevant le signal de détresse, les EPIRB possèdent leur propre GPS intégré et transmettent leur position en cas de déclenchement, les rendant plus précises. Les balises EPIRB ne sont pas adaptées pour les situations de survie à terre ou en randonnée.

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